La surcharge cognitive en formation continue
De tous les facteurs qui peuvent empiéter sur le bon déroulement d’une formation continue, la surcharge cognitive en est un qui est trop souvent négligé. Un formateur peut déployer les meilleures méthodes pédagogiques qui soient, si la manière dont il transmet la connaissance n’est pas bonne, ses efforts seront vains. Pour mieux appréhender ce phénomène, il convient d’abord d’en comprendre les causes et les effets.
Les éléments déclencheurs de la surcharge cognitive
John Sweller a abordé la problématique dans sa théorie de la charge cognitive et de l’apprentissage. Ses travaux nous apprennent que la mémoire de travail de l’apprenant est limitée. Celle-ci serait restreinte, et ne pourrait pas dépasser les 3 ou 4 informations à la fois. En dépassant ce seuil, vous exposez votre apprenant à la surcharge et mettez en péril le bon déroulement de la formation. À titre d’exemple, il peut s’agir d’un trop-plein de nouveaux mots de vocabulaire lors d’une formation en langues, ou encore d’un trop grand nombre d’outils lors d’une formation en bureautique.
Les effets néfastes sur l’apprenant en formation continue
Les effets de la surcharge cognitive sur l’apprenant sont nombreux et ne sont pas négligeables. Lorsque sa mémoire de travail est saturée, l’apprenant s’expose à plusieurs risques, qui peuvent impacter le succès de la formation :
- Un apprentissage plus difficile.
- Un niveau qui stagne (sur un logiciel, une langue, une compétence, etc.).
- Une perte de confiance en ses capacités.
- Une perte de motivation pour la formation qu’il suit, voire un décrochage. (voir notre article sur les 10 leviers de motivation en formation).

Comment le formateur peut-il éviter la surcharge cognitive ?
La surcharge cognitive en formation continue n’est toutefois pas une fatalité, et peut être évitée de plusieurs manières. En tant que formateur, il vous est possible de jouer sur plusieurs leviers tout au long de la formation. En variant les ressources utilisées, en découpant mieux vos cours ou en adaptant tout simplement les charges de travail, il vous est possible de préserver la mémoire de travail de votre apprenant.
Découper vos cours en plusieurs temps clés
Le premier curseur sur lequel vous pouvez jouer est celui du déroulé des cours. Plutôt que de faire des cours entiers axés seulement sur la transmission brute et dense d’informations, il convient de les découper méthodiquement. Dans une même séance, mettez en place plusieurs phases qui ne s’enchaînent pas trop vite. Ces phases peuvent prendre plusieurs formes : temps théorique, exercice, démonstration, test, etc. Ce découpage, en plus de réguler le nombre d’informations, permet à l’apprenant de se repérer dans la séance et de maintenir son attention. En tant que formateur, vous pouvez introduire ces phases de différentes manières :
- « Maintenant, passons à la pratique… ».
- « Place à un petit test de compréhension… ».
- « Je vous montre comment procéder… ».
Utilisez des ressources efficaces et variées pour vos cours
Quel que soit le format que vous utilisez pendant vos cours (vidéo, audio, fiche technique…), vous devez veiller à ce que l’information soit présentée de manière efficace. Richard E. Mayer, dans ses travaux sur l’apprentissage multimédia, nous explique que la manière dont est présentée une information est importante. Une information claire et épurée est bien mieux retenue qu’une information riche mais dispersée. Ainsi, veillez à ce que dans les contenus que vous présentez en cours il n’y ait pas de texte trop long, d’informations inutiles ou encore de décoration superflue. Aussi, il est important de varier les formats d’un cours à l’autre, voire au sein d’un même cours : image, vidéo, audio, texte, etc. Varier les formats aide à la mémorisation.
Faire des pauses pendant les cours
Pendant l’apprentissage de nouvelles informations, l’apprenant est amené à réfléchir sur certains concepts, à les mémoriser et à les mettre en application. Cet effort, s’il s’enchaîne trop de fois et trop vite peut mener à une surcharge cognitive. Afin de laisser le temps à l’apprenant de digérer chaque information, et de remobiliser sa concentration, faire des pauses peut être un vrai atout. Pendant une session de cours, une pause peut être marquée à des moments clés, comme entre deux exercices, deux notions, ou tout simplement au moment où l’apprenant semble s’éparpiller.
Adaptez les charges de travail entre chaque cours
Le troisième levier est sans doute le plus important sur lequel vous pouvez jouer en formation continue. Pour éviter la surcharge cognitive, votre rôle de formateur implique d’adapter la charge de travail, non seulement à chaque cours, mais aussi entre chacun d’eux. Beaucoup d’apprenants concilient leur formation avec une activité professionnelle, ce qui peut vite rendre la charge d’information décourageante. C’est pourquoi il est essentiel que vous limitiez au strict nécessaire le travail personnel demandé entre deux séances. Les exercices doivent également être pertinents, en lien avec leur pratique professionnelle plutôt que déconnectés de leur réalité. Pour mieux connaître les attentes de vos apprenants, découvrez notre article sur les questions qu’un formateur devrait poser à chaque apprenant.
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