La formation à sens unique, ou le mauvais exemple
La méthode pédagogique la plus élémentaire vise à une transmission verticale de l’information, où l’apprenant se contente d’assimiler la connaissance de manière passive. Mais utilisée à l’excès, cette méthode peut manquer de pertinence, et se résumer à « apprendre pour apprendre ». Le ressenti de l’apprenant est peu pris en compte, et il peut se retrouver à subir la formation plutôt qu’en tirer les bénéfices dont il a vraiment besoin. Encore utilisée aujourd’hui dans certaines situations, cette méthode est de plus en plus substituée par d’autres, qui tendent vers une responsabilisation grandissante de l’apprenant. On attend de plus en plus de ce dernier qu’il interagisse davantage avec le formateur, et qu’il devienne en quelque sorte acteur de la formation. C’est le cas de méthodes comme celle de la ludopédagogie ou celle de la pédagogie active. Mais à la base de cette volonté d’échange, se trouve d’abord le fait de poser les bonnes questions à l’apprenant.

Les questions de positionnement : la base d’une formation sur mesure
Avant toute chose, un formateur ne doit pas simplement partir du principe qu’un apprenant souhaite juste se former en anglais, sur Excel ou dans n’importe quelle discipline. Il doit pouvoir toucher du doigt les motivations profondes et les objectifs précis du principal intéressé. Une personne qui cherche à se former en espagnol pour entamer un voyage en Argentine n’aura pas les mêmes objectifs qu’une personne qui souhaite traduire un livre dans la langue. Les compétences requises et les attentes ne sont pas les mêmes. C’est la raison pour laquelle, en tant que formateur, vous avez le devoir d’être au clair sur ces informations afin d’adapter le contenu de vos cours, sans quoi l’apprentissage risquera d’être vain.
Voici quelques exemples de questions à poser pour en savoir plus sur le projet de votre apprenant :
- Pour quel type de tâche professionnelle aimeriez-vous utiliser Excel ?
- À quel point le portugais à l’écrit sera-t-il important dans le poste que vous visez ?
- Quel type de design aimeriez-vous pouvoir créer avec Illustrator ?
- Quel vocabulaire anglais est le plus courant dans votre secteur d’activité ?
Questions de compréhension : s’assurer de l’efficacité des cours
Toutefois, un bon cadrage des objectifs en amont d’une formation ne garantit pas pour autant sa réussite. Après quelques cours, un apprenant peut perdre le fil, avoir des blocages ou avoir besoin de renforcer certaines compétences. Pour éviter tout décrochage ou toute fausse route, il est donc nécessaire de continuer à questionner régulièrement l’apprenant sur ses ressentis. L’ajustement du contenu proposé en cours doit pouvoir être fait à n’importe quel moment de la formation si l’apprenant en a le besoin. Il s’agit ici d’aller plus loin que le simple « tout va bien ? » ou « vous avez compris ? », auxquels l’apprenant peut répondre positif machinalement. Il faut obtenir de l’apprenant son ressenti réel, sur des aspects concrets du sujet qui est enseigné.
Voici quelques exemples de ces questions essentielles à poser en cours de formation pour savoir si l’apprentissage reste accessible à l’apprenant :
- Pour quelle autre tâche de bureautique utiliseriez-vous l’outil d’Outlook que l’on vient de voir ?
- Dans quel cas de figure professionnel utiliseriez-vous les expressions en anglais que l’on vient d’apprendre ?
- Arriveriez-vous à créer un tableau Excel en tenant compte de tout ce que l’on a vu pendant ce cours ?
- Pourriez-vous vous appuyer sur ce vocabulaire allemand professionnel si en sortant de ce cours vous aviez une réunion dans la langue ?
Questions de proactivité : faire réfléchir l’apprenant
Dans le processus d’apprentissage, l’assimilation d’informations ne dépend pas que de l’écoute et de la répétition d’informations. Le fait de réfléchir sur un sujet et d’aller chercher soi-même l’information permet d’apprendre de manière encore plus solide et durable. C’est pourquoi les exercices pratiques sont aujourd’hui des outils quasi-indispensables en formation. Ils mettent l’apprenant en situation d’incertitude, et le poussent à réfléchir pour trouver les solutions par eux-mêmes. Mais il s’agit d’un processus qui peut aussi être enclenché par de simples questions. Pas d’exercices à préparer, pas de rendu à attendre, ici la réflexion demandée à l’apprenant est brève et spontanée. Une question de ce type peut être posée à n’importe quel moment lorsque vous jugez que votre apprenant a besoin de renforcer sa connaissance du sujet abordé. Il s’agit également d’une bonne manière de savoir où on est votre apprenant, et si jusqu’ici il a bien suivi le cheminement du cours.
Voici quelques exemples de questions qui peuvent pousser votre apprenant à la réflexion.
- Admettons que l’outil détourage ne soit pas disponible sur Photoshop, quel outil utiliseriez-vous à la place ?
- Quelle règle de conjugaison s’applique à cette phrase en anglais ?
- Quels sont les trois principaux outils que vous utiliseriez pour améliorer la mise en page cette présentation PowerPoint ?
- Quelles informations sont manquantes sur cette fiche de paie ?
Conclure la formation : faire le point
Une fois que la formation touche à sa fin, vient le moment de faire le bilan. Cette démarche, qui peut paraître une formalité, peut pourtant s’avérer des plus constructives, tant pour l’apprenant que le formateur. C’est à ce moment-là que l’apprenant peut prendre du recul sur sa période d’apprentissage, et constater à quel point il a pu progresser. De votre point de vue de formateur, c’est l’occasion d’avoir un retour d’expérience, et de vérifier la pertinence de la formation que vous avez proposée. Lors de cet échange, vous pouvez questionner l’apprenant sur ce qu’il a préféré dans la formation et son ressenti global.
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