Pourquoi la prise de décision de carrière est-elle si difficile ?
La prise de décision professionnelle cumule des enjeux que peu d’autres choix de vie rassemblent au même endroit : votre salaire, votre identité au travail, votre réseau, votre équilibre quotidien. Le cerveau traite ça comme un risque élevé, même quand la situation actuelle est clairement insatisfaisante.
Le psychologue Daniel Kahneman, Prix Nobel d’économie en 2002, a mis un nom sur ce phénomène : l’aversion à perte. Notre cerveau accorde plus de poids à ce qu’on risque de perdre qu’à ce qu’on espère gagner. Prendre la décision de quitter un emploi stable pour un métier qui vous correspond mieux devrait aller de soi. Mais la peur de perdre ce qu’on a construit au travail pèse plus lourd que la perspective d’un avenir professionnel meilleur. C’est un réflexe universel, documenté, qui n’a rien à voir avec votre capacité à décider.
D’autre part, il y a aussi ces que Barry Schwartz appelle le « paradoxe du choix ». Le marché du travail s’est considérablement élargi. Les options de reconversion professionnelle, de formation, de changement de domaine sont aujourd’hui nombreuses. Et plus les options sont nombreuses, plus prendre une décision devient difficile. Dans ses recherches, Schwartz distingue deux profils :
- Les optimisateurs cherchent la meilleure option possible avant de s’engager, et ne choisissent finalement jamais.
- Les satisfaisants définissent leurs critères en amont, puis avancent dès qu’une option les remplit. Ce sont eux qui progressent.
Qu’est-ce qui bloque vraiment un choix de carrière ?
Entre un quart et un tiers des personnes en évolution professionnelle traversent une période d’indécision significative. Ce phénomène a bien été documenté et mis en avant plusieurs mécanismes.
Le premier mécanisme : confondre hésitation et manque d’information. Beaucoup de personnes pensent qu’elles ne peuvent pas prendre leurs décisions de carrière parce qu’elles n’en savent pas encore assez. Elles lisent plus d’articles, consultent plus d’offres d’emploi, comparent plus de métiers. La recherche d’information devient alors une façon d’éviter de prendre position.
Le psychologue Albert Ellis a montré que ce sont les pensées irrationnelles sur les conséquences d’un mauvais choix professionnel qui génèrent la paralysie. C’est la confiance pour prendre cette décision qui manque.
Le second mécanisme : prendre une décision sous pression émotionnelle. Les émotions jouent un rôle central dans la prise de décision professionnelle. Quand on est épuisé, en perte de sens ou en conflit avec son management, on veut rapidement faire un changement. Vouloir quitter son poste et savoir vers quel métier ou quelle orientation se diriger, ce sont deux choses très différentes. Les décisions de carrière prises uniquement pour fuir une situation difficile manquent souvent de fondation et risquent de se retourner contre vous quelques mois plus tard.
Enfin le troisième mécanisme : attendre la certitude absolue avant de prendre une décision. Décider de sa carrière sans incertitude, c’est impossible. Les individus ont tendance à attendre d’être sûrs à 100 % avant d’agir. Résultat : ils n’agissent jamais. Ceux qui progressent ont appris à avancer avec le doute, en testant des hypothèses plutôt qu’en cherchant des garanties.
Quelle méthode pour prendre une décision de carrière éclairée ?
Un choix de carrière solide repose sur trois niveaux qui doivent être alignés.
Se connaître soi-même
En se posant des questions comme :
- Quelles sont vos compétences réelles, celles que vous mobilisez avec facilité et plaisir au travail ?
- Quelles sont vos valeurs professionnelles, celles sur lesquelles vous ne transigez pas ?
- Qu’est-ce qui vous a donné de l’énergie dans votre parcours, et qu’est-ce qui vous en a pris ?
Sans ce travail d’analyse personnelle, on prend des décisions en fonction de ce que les autres valorisent. C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation, qui pousse à chercher des informations qui valident ce qu’on veut déjà croire. Identifier ses vraies compétences et ses vraies motivations aide à contourner ce biais.
Explorer ses options
Les métiers fantasmés ne comptent pas ici. Ce qui compte, ce sont les options réelles, accessibles, compatibles avec votre expérience et votre situation.
Cela demande de rencontrer des personnes qui exercent le domaine envisage afin d’en comprendre les réalités du poste, d’évaluer les formations nécessaires et les coûts de cette transition. Les tests d’orientation professionnelle et le bilan de compétences sont des outils particulièrement utiles à cette étape du processus de prise de décision.
Mettre en place ses critères
C’est une étape souvent négligée dans la prise de décision de carrière. Plusieurs choses peuvent entrer en compte dans cette liste de critères personnels :
- conditions de travail souhaitées,
- lignes que vous refusez de franchir,
- équilibre vie professionnelle et personnelle…
Avec ces critères posés, les différentes perspectives d’emploi et de métiers deviennent comparables. Sans eux, toutes les pistes semblent équivalentes et vous empêchent de faire des décisions.
Le bilan de compétences aide-t-il à prendre cette décision ?
Le bilan de compétences structure ce processus de prise de décision professionnelle grâce à l’accompagnement d’un consultant, expert du territoire économique local. Il ne choisit pas la réponse à votre place. Il crée les conditions pour que vous choisissiez vous-même, avec plus de clarté et de confiance dans votre avenir au travail.
Des tests explorent vos valeurs, vos motivations et votre profil. Des entretiens avec un consultant mettent des mots sur ce que vous ressentez sans encore l’exprimer. Vous obtenez à l’issue, un plan d’action concret pour vous orienter étape par étape.
Si vous hésitez encore à prendre votre décision de carrière, un premier échange avec l’un de nos conseillers peut suffire à y voir plus clair. Prenez rendez-vous !
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