Bannir totalement l’IA de la formation
Une des premières réactions que les formateurs peuvent avoir, au vu des mauvais côtés de l’IA (tricherie, plagiat), c’est l’évitement. Il s’agit de tout faire pour qu’elle n’entre pas dans l’équation de l’apprentissage. Opter pour une telle position, c’est garder les conditions de formations traditionnelles telles quelles. Concrètement, on ne laisse aucune occasion à l’apprenant de s’aider de l’IA. Tout est fait en présentiel, que ce soient des évaluations orales ou écrites. Les avantages sont multiples :
- L’apprenant est surveillé, et ne peut pas s’appuyer sur l’IA. Seules ses propres capacités sont mises en jeu.
- L’apprenant est en conditions réelles d’évaluation, ce qui peut être un bon entraînement s’il se prépare à passer une certification.
- L’apprenant est davantage poussé à interagir avec son professeur, ce qui valorise les échanges humains.
Cette méthode de fermeture face à l’IA en formation a toutefois ses limites. Se fermer à de tels progrès technologiques, c’est risquer de ne pas s’habituer à évoluer dans un monde où ils sont omniprésents. Un apprenant qui suit une formation sur Excel sans l’intervention de l’IA aura peut-être du mal à évoluer dans un futur poste où certaines tâches nécessitent d’utiliser les deux en synergie.

Contourner l’IA avec des exercices spécifiques
L’usage de l’IA dans la formation n’est toutefois pas infaillible. Face à certaines requêtes, ses réponses peuvent être moins viables et démonstratives que celles d’un humain. C’est précisément cette faille que vise à exploiter l’évaluation par contournement de l’IA. Concrètement, elle vise à demander à l’apprenant un travail qui ne peut être fait que par lui, et dont l’authenticité ne peut être imitée par l’IA, ou difficilement. Plutôt que de se limiter aux évaluations en présentielles comme dans la méthode précédente, ici, on ne ferme aucune porte, mais on rend plus laborieux l’usage de l’IA par l’apprenant. Par exemple, il est possible de :
- Demander à un apprenant qui suit une formation en espagnol de raconter dans la langue le déroulement du dernier cours en compagnie de son formateur.
- Demander à un apprenant qui se forme sur Word de rédiger une lettre à l’attention d’un ami avec le logiciel, et de la mettre en forme à sa manière à lui.
- Demander à un apprenant en formation sur Excel de réaliser un exercice complexe qui comporte une succession de tâches distinctes, qui seraient laborieuses à commander à l’IA.
Cette méthode, quand bien même elle met des bâtons dans les roues de l’assistance par l’IA, ne garantit pas pour autant qu’un apprenant ne pourra pas s’en aider. Aussi, ne s’appuyer que sur cette méthode de contournement peut limiter la formation qu’à un seul type d’évaluation. Celle-ci est donc à utiliser pour certaines tâches seulement.
Utiliser l’IA, mais de manière responsable
Une autre alternative consiste à intégrer l’IA au parcours de formation plutôt que de l’éviter ou de la contourner. Ainsi, le formateur demande sciemment à l’élève d’effectuer certaines tâches qui impliquent d’utiliser l’IA. Mais l’idée ici, ce n’est pas de l’utiliser de manière passive et naïve, juste pour obtenir un résultat tout fait. Le but est plutôt de l’utiliser avec mesure, et si nécessaire de savoir remettre en cause ses contenus en faisant preuve d’esprit critique. Plutôt que de prendre le résultat donné par l’IA pour acquis, l’élève va le relire, le réexpliquer, le reformuler, le commenter, voire le compléter. Les atouts d’une telle méthode sont nombreux :
- On ne se complique plus la tâche à essayer de résister à l’IA ou à la limiter, on l’accepte et on s’en sert.
- L’apprenant s’appuie sur l’IA pour apprendre une nouvelle compétence, tout en apprenant aussi à utiliser l’IA de manière plus responsable.
- Le formateur rend caduc tout problème de fraude lié à l’IA en incluant directement celle-ci aux exercices.
Par exemple, lors d’une formation sur PowerPoint, le formateur peut demander à l’élève de commenter la manière dont l’IA propose de mettre en forme une slide avec un texte et une image, puis de proposer une méthode alternative. Ou encore, pendant une formation en langue, le formateur peut demander à l’apprenant de reformuler ou de compléter la description d’une image faite par l’IA.
Bien entendu, chacune des approches présentées précédemment est à mettre en place selon les préférences du formateur et le profil des apprenants. L’intelligence artificielle peut aussi être utilisée à d’autres étapes de la formation, et plusieurs outils IA qui peuvent aider les formateurs dans leur travail existent déjà.
Source : évaluer à l’ère de l’IA, par l’école branchée.
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